059 : ある小さき影

 

 

SERIES ≫  無限定に相対する写像 / 射影配景における切断の意味 ” 華麗な罠 ” ( 2017 )

 

 

059_ARTWORK_2017_12_28

 

CLICK UP ! 「 Le Fondeur ; The Foundry 」
Eugène Carrière ( 1900 Poster, Lithograph )
Il est l’ami d’Auguste Rodin.
 

 

 

ARTWORK : 5 – 059 「 ある小さき影 」

 

 

ダンテ

天から降りて死人と

 

彼は天より降り来て やがて死すべき人間の姿を取り
そして 真の地獄と恵み深き地を見て
生きながら戻ってきた 神を見上げようと
われらすべてに 真実の光を与えるために

輝く星よ その光は照らすのだ
明るく 我らが生まれしこの土地を
この醜い世界には 全く勿体ない人であって
御身のみが 彼を創造せしゆえ 彼にふさわしい

ダンテのことを語ろう あまりに知られずにいることを
彼の作品が この恩知らずの市民たち
正しき人を賞賛することを知らぬ連中には

もしも 私が彼であったなら あれほどの幸運のもとに生まれたなら
あのつらい流刑にあっても その徳性で
この世界を幸福にできたであろうに

 

 

Dante

Dal ciel discesce,e col mortal suo,poi

 

Dal ciel discesce,e col mortal suo,poi
che visto ebbe l’inferno giusto e ‘l pio,
ritornò vivo a còntemplare Dio,
per dar di tutto il vero lume a noi:

Lucente stella,che co’ raggi suoi
fe chiaro,a torto,el nido ove naqqu’ io;
nè sare ‘l premio tutto ‘l mondo rio:
Tu sol,che la creasti,esser quel puoi.

Di Dante dico,che mal conosciute
fur l’opre suo da quel popolo ingrato,
che solo a’ iusti manca di salute.

Fuss’ io pur lui! C’a tal fortuna nato,
per l’aspro esilio suo,son la virtute,
dare’ del mondo il più felice stato.

 

 

Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni
Dante Op.145-6 Sjuita na slova Mikelandzhelo Buonarroti
Michelangelo Rime 248 Dal ciel discesce,e col mortal suo,poi
Dimitry Shostakovich

 

 

 

 

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CLICK UP ! 「 Le Contemplateur ; The Contemplator 」
Eugène Carrière ( 1902 )
Illustrating the poem Booz EndormiLa, Légende des siècles, Victor, Marie Hugo, Ruth’s Dream? / Ruths et Booz endormis?
Current location : The Cleveland Museum of Art, in Cleveland, Ohio, USA.

 

 

 

 

眠るボアズ

 

…… 良き主 ( あるじ ) として 実ある身内として
彼は寛大でもあり 倹しくもあった
彼女は見た 若者ではなく 彼に眼を惹かれた
若い男は美しい だが老人は偉大だ

初源への泉へと帰り往く老人
永遠の日々に入り 移ろう日々を出づる
若者たちの眼には燃える炎が見える
だが老人の瞳には光が宿って見える ……

…… 彼は知らなかった 一人の女がそこにいることを
彼女は知らなかった 神が自分に望んでおられることを
さわやかな香りが シャグマユリ ( ツルボラン ) の茂みから流れ出し
夜の息吹は ギルガルの丘の上にただよう ……

…… 眠っている彼の息
苔の上 川の泥 ( 夜 )
自然が 甘い月が
頂上は ユリがある丘

ボアズは寝ていた ルツは考えていた 草は黒かった
群れの鐘は ぼんやりと脈打ち
大草原は 大空から落ち
ライオンたちが呑み込む静かな時

全ては 都から遠く離れた丘の上に
星は深く 暗い空はエナメル
花のなかは色合う 鮮やかに 明るい三日月
輝く西方 ルースは疑問に思う

動きのない 目の半分を帆の下に開け
どのような神が 永遠の夏のどのような刈り入れ人が
行きがけに 無造作に放り出したのか
星の輝くなかに この金色の鎌を ……

 

 

Booz s’était couché de fatigue accablé ;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.

Ce vieillard possédait des champs de blés et d’orge ;
Il était, quoique riche, à la justice enclin ;
Il n’avait pas de fange en l’eau de son moulin ;
Il n’avait pas d’enfer dans le feu de sa forge.

Sa barbe était d’argent comme un ruisseau d’avril.
Sa gerbe n’était point avare ni haineuse ;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse :
- Laissez tomber exprès des épis, disait-il.

Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
Vêtu de probité candide et de lin blanc ;
Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,
Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.

Booz était bon maître et fidèle parent ;
Il était généreux, quoiqu’il fût économe ;
Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme,
Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

Le vieillard, qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l’oeil du vieillard on voit de la lumière.

Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens ;
Près des meules, qu’on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ;
Et ceci se passait dans des temps très anciens.

Les tribus d’Israël avaient pour chef un juge ;
La terre, où l’homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu’il voyait,
Etait mouillée encore et molle du déluge.

Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ;
Or, la porte du ciel s’étant entre-bâillée
Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.

Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
Qui, sorti de son ventre, allait jusqu’au ciel bleu ;
Une race y montait comme une longue chaîne ;
Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu.

Et Booz murmurait avec la voix de l’âme :
” Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
Et je n’ai pas de fils, et je n’ai plus de femme.

” Voilà longtemps que celle avec qui j’ai dormi,
O Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ;
Et nous sommes encor tout mêlés l’un à l’autre,
Elle à demi vivante et moi mort à demi.

” Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ?
Comment se pourrait-il que j’eusse des enfants ?
Quand on est jeune, on a des matins triomphants ;
Le jour sort de la nuit comme d’une victoire ;

Mais vieux, on tremble ainsi qu’à l’hiver le bouleau ;
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l’eau. ”

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l’extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu’il sommeillait, Ruth, une moabite,
S’était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.

Booz ne savait point qu’une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d’elle.
Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L’ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C’était l’heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre
Brillait à l’occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l’oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
Avait, en s’en allant, négligemment jeté
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles.

 

 

Victor, Marie Hugo, ” Booz endormi “.
Booz endormi est un poème de Victor, Marie Hugo extrait de la Légende des siècles. Il est basé sur le récit biblique du livre de Ruth.( Ruth ; Book of Ruth )

 

 

 

 

ARTWORK_059_u

 

CLICK UP ! 「 Paysage avec large rivière 」
Eugène Carrière ( 1906 )
Current location : musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg ; prêt du Musée d’Orsay, Paris.
From Wikimedia Commons, the free media repository, https://commons.wikimedia.org/wiki/, File:Eugène Carrière-Paysage avec large rivière.jpg

 

 

 

 

みちづれ

 

銀色のポプラや ライム 樺の木
月は 水の上に光を注いでいる
夕暮れ時のそよ風に梳かれる長い髪のように
夏の夜の香りが暗い湖を香らせる
かぐわしい大きな湖は 鏡のように光っている

私のオールは沈み また跳ね上がり
私のボートは滑ってゆく 夢の中へと
私のボートは滑ってゆく 空の中へと
この空想の湖の上を

リズムに合わせ 目を閉じて
漕げ おお私の心よ お前の怠惰さを
大きなストロークで ゆっくりと消し行くように

あそこには 月が耳を傾けている 身を乗り出して
滑りゆくボートより滲み出してくる静けさに
3本の大きなユリの花が みずみずしく切り取られ 私の上着の上で死んでいる
お前の唇に向かって おお艶かしくも蒼ざめた夜よ
呼吸しているのは 花たちの魂か それとも私の魂か

銀色の夜は 長い葦で髪を梳いている
水の上の月のように
波の上のオールのように
私の魂は 涙にくれて溜息をつく

 

 

Accompagnement

 

Tremble argenté,tilleul,bouleau…
La lune s’effeuille sur l’eau…
Comme de longs cheveux peignés au vent du soir,
L’odeur des nuits d’été parfume le lac noir;
Le grand lac parfumé brille comme un miroir.

Ma rame tombe et se relève,
Ma barque glisse dans le rêve.
Ma barque glisse dans le ciel,
Sur le lac immatériel…

En cadence les yeux fermés,
Rame,ô mon coeur,ton indolence
A larges coups lents et pâmés.

Là-bas la lune écoute,accoudée au côteau,
Le silence qu’exhale en glissant le bateau…
Trois grands lys frais coupés meurent sur mon manteau.
Vers tes lèvres,ô Nuit voluptueuse et pâle,
Est-ce leur âme,est-ce mon âme qui s’exhale?

Cheveux des nuits d’argent peignés aux longs roseaux.
Comme la lune sur les eaux,
Comme la rame sur les flots,
Mon âme s’effeuille en sanglots!

 

 

Gabriel Fauré Accompagnement Op.85 Trois mélodies, 1902.
Albert Victor Samain, Au jardin de l’Infant ” Accompagnement ”
( ” Arpège / Elégie, Soir / Larmes, Pleurs d’or ” )
「 Albert Samain sur son lit de mort ; Albert Samain Post Mortem 」by Eugène Carrière, 1900.
Albert Victor Samain, 1858-1900. / Eugène Carrière, 1849-1906.( Paysage avec large rivière, 1906. )

 

 

…… Je rêve de vers doux et d’intimes ramages,De vers à frôler l’âme ainsi que des plumages,De vers blonds où le sens fluide se délieComme sous l’eau la chevelure d’Ophélie,De vers silencieux, et sans rythme et sans trameOù la rime sans bruit glisse comme une rame,De vers d’une ancienne étoffe, exténuée,Impalpable comme le son et la nuée,De vers de soir d’automne ensorcelant les heuresAu rite féminin des syllabes mineures.De vers de soirs d’amour énervés de verveine,Où l’âme sente, exquise, une caresse à peine…Je rêve de vers doux mourant comme des roses. ……
Albert Victor Samain, ” Au Le jardin de l’infante “. ( 1893 )

 

 

 

 

Picture, Drawing & Photo, Text ; Image Credit With Copyright.

 

 

 

 

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